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Mardi 19 janvier 2010 à 18h30 à Ambert

par Thierry Morel Sociologue Intervenant à l’école d’Architecture,
Chargé de cours à l’ITSRA *, Clermont-Ferrand

En ville ou à la campagne, l’espace public est d’abord l’espace du public, celui des passages, des rassemblements et des rencontres. Il appartient à tous et à personne, menacé par l’appropriation pérenne, la privatisation, la festivalisation et la commercialisation. C’est l’espace des corps, de l’exposition de soi, du jugement, de l’imprévu, du côtoiement et de toutes les coprésences, celle de la richesse et de la pauvreté absolue, de l’abandon et de l’ordinaire. C’est la scène où se joue l’expérience de l’altérité, de l’autre et de sa différence. Lieu de l’anonymat aussi, il permet d’échapper temporairement au contrôle social du quartier ou du village.

L’espace public prend son véritable sens dans les pratiques sociales qu’il génère. Comment et jusqu’où use-t-on de l’espace public ? Qui se charge de sa gestion ? Quelles sont les règles qui en encadrent le contrôle ? A quels codes implicites obéissons-nous quand nous allons sur ces lieux ? Qui les aménage ? Comment ? Jusqu’où ? Pour faire quoi ?Questionner le choix du mobilier urbain n’est pas anodin : quelles formes, pour quels usages ? Sa fonction est-elle détournée ? Le banc, par exemple, peut être un excellent révélateur des qualités d’un espace public. Accueillant et trop confortable, il risque de se voir approprié par une seule catégorie d’usagers au détriment de son usage par tous. Le supprimer est le moyen le plus radical de gérer la question des indésirables, jeunes et SDF, mais n’est-ce pas aussi nier la fonction essentielle de l’espace public, celle de l’hospitalité ?

Thierry Morel travaille depuis une dizaine d’année sur les espaces publics. Il mène des recherches sur les usages et les pratiques festives de la jeunesse ordinaire et a participé à de nombreuses consultations sur ces thématiques. Il a été coordonnateur et rédacteur de deux rapports récents, l’un sur le festival de Bourges, l’autre sur l’alcoolisation festive des 16-21 ans * Institut de Travail Social de la région Auvergne