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AVRIL 2012


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LA BELLE REVUE 2011
Revue gratuite disponible dans les lieux d'art du centre
de la France ou sur commande.

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LE SOMMAIRE
Chronique
Clément Rodzielski à l'Ecole Supérieure d'Art
de Clermont Métropole, par Aurélien Mole
Agenda
vernissages et derniers jours
Appels à projets
Artistes en résidence / Le POCTB / Parc Saint-Léger
Focus
Anne Brégeaut

LA CHRONIQUE DU MOIS

CLÉMENT RODZIELSKI - JULIE ET SA COUSINE
ÉCOLE SUPÉRIEURE D'ART DE CLERMONT MÉTROPOLE >> jusqu'au 7 mai 2012


visuel rodzielski
Clément Rodzielski
Vue de l'exposition Julie et sa cousine, 2012
Courtesy de l’artiste et galerie Chantal Crousel, Paris Crédit photo : Aurélien Mole

Julie et sa cousine

par Aurélien Mole

L’exposition est annoncée quatre fois sur les vitres de la coursive de l’école des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Collées à même la vitre, fragmentées différemment par les montants de la verrière, les affiches jaunes et leur police de caractère rouge adressent ce titre à la rue "Julie et sa cousine". En se collant sur la partie vitrée plutôt que sur le mur de la longue galerie, chaque affiche est au plus près de l’espace public tout en restant dans l’enceinte de l’école. De l’intérieur, ce positionnement permet aussi de voir leur verso : une forme charnue, rappelant la partie haute d’un cœur stylisé qui serait ici placée à l’envers, se détache en rouge sur ce jaune vif qui nous avait interpelés à l’extérieur. Ce cœur renversé est probablement un cul. Oui, un cul comme dans "film de cul" car "Julie et sa cousine" est une affiche qui a dû, dans les années soixante-dix, orner le fronton d’un cinéma X. Donc ce que nous voyons de ce côté ci, c’est bien le cul d’une image. Mais Julie n’est pas seulement la protagoniste un peu légère d’un film qui se consommait alors dans les salles obscures plutôt que devant l’écran de son ordinateur. Elle est aussi le sujet d’un poème écrit par Clément Rodzielski qui fait ici office de feuille de salle.



L'AGENDA

Prochains vernissages

La Permanence - Clermont-Ferrand, MEMORIE IN MACULA 24 avril > 18 mai 2012
vernissage le mardi 24 avril à 18h
 en savoir + 

Chamalot - Résidence d'artistes VENDANGES DE PRINTEMPS 29 avril > 21 mai 2012
vernissage le samedi 28 avril à 18h  en savoir + 

La Tôlerie - Clermont-Ferrand
EXPANDING COLOR - 2e VOLET
A SPACE IN COLOR 25 mai > 21 juillet 2012 vernissage le jeudi 24 mai à 18h30en savoir + 

In extenso - Clermont-Ferrand LA DENT ET LE COUTEAU
31 mai > 13 juillet 2012 vernissage le jeudi 31 mai à 18h30en savoir + 
Derniers jours !

Musée Mandet - Riom LAURENT PERNOT
LA MÉMOIRE INTERMITTENTE
>> jusqu'au 22 avril 2012
 en savoir + 

Transpalette - Bourges SYLVAIN ROUSSEAU
‎... J'AI OUBLIÉ CE QUE J'AI FAIT LA VEILLE
MAIS C'ÉTAIT SÛREMENT DES MERVEILLES

>> jusqu'au 6 mai 2012
 en savoir + 

La Box - Bourges VOIR EN PEINTURE III >> jusqu'au 6 mai 2012 en savoir + 

In extenso - Clermont-Ferrand
VINCENT OLINET VVINCENT OOLINET >> jusqu'au 12 mai 2012 en savoir + 


LES APPELS À PROJETS

ARTISTES EN RÉSIDENCE - CLERMONT-FD
Appel à candidature
Artistes en résidence est un projet expérimental en cours d'élaboration dont le but principal est
de permettre à des artistes, des critiques et des commissaires de travailler librement en résidence dans un esprit d'échange et d'ouverture.
Les deux artistes retenus à l'issue de l'appel à candidature disposeront d'un atelier et d'un logement et d'une bourse de 3000 euros.
Ils devront résider 3 mois par succession de courts séjours d'une dizaine de jours, entre le 20 mai 2012 et le 20 mai 2013.
Réception des dossiers avant le 14 mai 2012
 + D'INFOS 

LE PAYS OU LE CIEL EST TOUJOURS BLEU
La borne - appel à candidature artistes
La borne est un mobilier urbain itinérant en région Centre qui a pour ambition de mettre en contact l’art contemporain et le grand public. La borne est en fonction de septembre à juin depuis 2009. Dans le cadre de la saison 2012/2013, Le pays où le ciel est toujours bleu lance un appel à candidature sans restriction d’âge ou de médium.
Budget de production : 500 euros + remboursement des frais de transport.
Date limite de candidature : 7 juin 2012
 + D'INFOS et dossier de candidature 


PARC SAINT-LÉGER - POUGUES-LES-EAUX
Résidences secondaires - appel à candidature
Le Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain propose depuis 2007, deux fois par an, des résidences d’artistes de trois mois dédiées à la jeune création : les Résidences secondaires. Chaque année, un jury sélectionne 4 artistes ou collectifs d’artistes pour l’année à venir. La résidence inclut la mise à disposition d’un appartement privatif et d’un atelier (à partager) + une bourse de 3 000 € comprenant défraiements et production. Périodes de résidences : d’avril à juin 2013 et de septembre à novembre 2013.
Date limite de réception des dossiers (par mail ou courrier papier) : 15 juin 2012 inclus
 appel à candidature / pdf 

LA BELLE REVUE
Appel à chroniqueurs
Chaque mois un auteur chronique une exposition,
un événement, sur le site labellerevue.org.
Une fois par an, ces chroniques sont rassemblées dans l'édition papier de La belle revue.
Appel permanent, pas de date limite
 DOSSIER DE CANDIDATURE / pdf 

>> Envoyez-nous les appels à projets qui concernent le territoire Centre-France, ils paraîtront dans cette rubrique



FOCUS ANNE BRÉGEAUT

Née en 1971  Vit et travaille à Paris Diplômée de l'Ecole Supérieure d'Art de Clermont-Ferrand
 Enseignante à l'ENSA Limoges


Actuellement
Ravine Les Instants chavirés, Montreuil >> jusqu'au 6 mai 2012
 en savoir + 
À venir > 2013
Exposition personnelle
Galerie Sémiose, Paris
 site web 
Exposition personnelle
Maison des arts, Malakoff
 site web 

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Le Pays du milieu
, gouache sur papier, 75 x 120 cm, 2010, collection artothèque de Limoges


Anne Brégeaut
par Antoine Marchand

« Les mémoires sont projetées depuis le présent, ou depuis un lieu entre le présent du
patient adulte et de son enfance, qui le reconstruit de manière symptomatique ou, peut-être,
comme il en a besoin. »1

Land Art, paysage altéré, paysage mental, pour n’en citer que les courants les plus récents.
La question du paysage est récurrente dans l’art. Néanmoins, avec ses « paysages oubliés », Anne Brégeaut en propose une nouvelle lecture, nourrie davantage par son imaginaire que par l’observation de la nature et des grands espaces. Ces sculptures peintes – à moins qu’il ne s’agisse de peintures en trois dimensions – montées sur roulettes, qui ressemblent à des jouets, nous transportent vers un ailleurs onirique et imaginaire, cependant profondément hostile et anxiogène. […]

Nombre des compositions de cet ensemble jouent sur cette contradiction entre des paysages reculés, propices a priori à la méditation et au retour sur soi, et un élément, une situation, qui viennent en perturber la tranquillité et ne permettent jamais d’y projeter un bonheur intense et total. Le constat est sensiblement le même pour les peintures de l’artiste, illustrations de nos fragilités et fêlures intimes. D’un format supérieur à ses gouaches habituelles, leur force ne réside pas tant dans ce qui est représenté que dans l’absence et le manque qu’elles soulignent. Ainsi, personne n’habite les pavillons du Pays du milieu, et le cheval à bascule de La forteresse de la solitude ou la fête foraine du Pays du jamais jamais semblent attendre la venue d’un enfant pour enfin s’animer. […] Tel un journal intime qui égrènerait des fragments de vie, le corpus développé par Anne Brégeaut questionne notre rapport à la quotidienneté, au couple, et s’interroge sur la solitude inhérente à notre monde contemporain. Et si chacune de ses pièces existe individuellement, c’est bien dans l’ensemble et la profusion que s’installent cette ambivalence, cette « inquiétante étrangeté » qui créent systématiquement le trouble dans l’esprit du regardeur.

[…] Ses peintures et sculptures, chargées d’une dimension émotionnelle, aiguisent notre curiosité en faisant appel à nos expériences intimes. […] Tels Alice in Wonderland suivant le lapin blanc de manière irrépressible, il ne nous reste donc qu’à plonger dans les univers fictionnels d’Anne Brégeaut, laisser nos souvenirs nous submerger, nous perdre dans les labyrinthes – comme le suggère l’installation J’avais décidé de m’endormir (2009) – et peut-être, au sortir de cette introspection, mieux accepter nos faiblesses et s’ouvrir plus facilement sur le monde, aussi angoissant soit-il.

1. Howard Singerman, « Memory Ware », in Mike Kelley. Educational Complex Onwards 1995-2008,
Zurich : JRP Ringier, 2009, p. 314.

          TEXTE INTÉGRAL 
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